Rendements en hausse, intrants en baisse : la SICA prouve que l’agroécologie peut nourrir le Togo
Les points clés :
La Société Internationale de Consultance Agricole (SICA) a fait de 2025 une année décisive pour la transition agroécologique au Togo, en renforçant son ancrage territorial et son impact sur les filières agricoles.
Plus de 700 producteurs ont été accompagnés, avec une amélioration des rendements allant jusqu’à 22 %, grâce à des actions concrètes en agroécologie, semences et organisation paysanne.
La SICA se projette vers 2026 avec des programmes intégrés innovants, incluant une ferme-école et une plateforme digitale de suivi des exploitations.
En 2025, le Togo a vécu un tournant majeur dans sa trajectoire agricole, marqué par une consolidation de l’agroécologie comme levier stratégique de durabilité, de sécurité alimentaire et de compétitivité rurale. Au cœur de ce mouvement, la Société Internationale de Consultance Agricole (SICA) s’est imposée comme un acteur central de la transformation des systèmes agricoles togolais, combinant accompagnement technique, structuration des filières et innovation agroécologique pour répondre aux défis du climat, de la productivité et de l’inclusion sociale.
Fondée avec une vision claire de modernisation et de durabilité, la SICA s’inscrit dans une approche holistique. Elle vise à promouvoir une agriculture moderne, résiliente et compétitive, fondée sur des pratiques agroécologiques, le renforcement des capacités des producteurs et une amélioration systémique des filières agricoles telles que le soja et le maïs, deux cultures emblématiques de l’économie agricole togolaise, qui voient leur importance stratégique renforcée à mesure que la production nationale et les objectifs de substitution des importations s’accroissent.
Une présence renforcée sur le terrain et des résultats tangibles
En 2025, la SICA a déployé ses interventions dans plus d’une douzaine de villages et zones rurales, couvrant des localités comme Gapé-Etoé, Follymé, Tsingoé, Glozoukopé, Agbakopé, et Tsévié. Cet ancrage local a permis un accompagnement direct de plus de 700 producteurs, articulé autour de plus de 40 actions de formation, de sensibilisation et de démonstration terrain. Les données de terrain montrent que ces appuis ont généré une amélioration des rendements allant de 15 % à 22 % chez les producteurs suivis, un indicateur significatif de transformation productive.
L’approche agroécologique promue par la SICA ne se limite pas à l’optimisation des intrants, mais inclut également l’introduction de biofertilisants, la réduction de l’utilisation d’intrants chimiques et la mise en place de parcelles de démonstration génératrices de bonnes pratiques agronomiques. L’installation d’un poulailler agroécologique de 1 000 sujets constitue une innovation concrète en matière de diversification et de valorisation des systèmes de production tout en réduisant l’impact environnemental.
Renforcement des capacités : inclusion des jeunes et des femmes
La SICA a intensifié en 2025 ses efforts de formation, touchant plus de 350 producteurs, dont des jeunes et des femmes. L’approche est axée sur l’apprentissage sur le terrain, privilégiant l’expérimentation agroécologique, l’entrepreneuriat rural et la structuration des coopératives agricoles. Cette démarche a contribué à une augmentation des revenus agricoles de 12 % à 18 %, selon les données internes de la SICA, tout en aidant les organisations paysannes à mieux s’organiser pour accéder aux marchés et aux services financiers.
La participation de la SICA à des événements internationaux tels que le Séminaire international du Réseau FAR à Meknès (Maroc) et le Business Show Lomé, ainsi qu’à des webinaires spécialisés, a renforcé sa visibilité et ses partenariats techniques et institutionnels. Cela a permis d’élargir le spectre d’influence de la structure bien au-delà des frontières togolaises, la positionnant comme un acteur crédible de la promotion de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest.
Contexte national de transition agricole
La dynamique portée par la SICA s’inscrit dans un contexte national où le Togo vise à renforcer la résilience de son agriculture face aux défis climatiques et aux pressions sur les ressources naturelles. Le secteur agricole reste l’un des piliers de l’économie togolaise, employant une part significative de la main-d’œuvre et contribuant de façon importante à la sécurité alimentaire et aux revenus des ménages.
Des initiatives gouvernementales et de la société civile, telles que le programme TERSAA II, doté de 1,7 million d’euros (environ 1,1 milliard FCFA) pour renforcer l’agroécologie, la formation de plus de 1 200 producteurs et l’établissement de labels de qualité pour les produits locaux, complètent ce mouvement de transition durable. De même, le lancement de programmes équité et agroécologie dotés de 8 millions d’euros, soutenus par des partenaires internationaux, illustre une volonté partagée d’intégrer l’agroécologie au cœur des politiques agricoles nationales.
Une filière stratégique : soja et maïs
La SICA a particulièrement mis l’accent sur les filières soja et maïs, jugées cruciales pour la sécurité alimentaire, les revenus des producteurs et la structuration de la transformation agricole. La filière soja, par exemple, connaît une progression significative : la production nationale est passée de moins de 25 000 tonnes en 2015 à plus de 260 000 tonnes en 2025, avec des objectifs ambitieux de 500 000 tonnes d’ici 2026 pour répondre à la demande locale et régionale.
La structuration institutionnelle récente du cadre juridique des interprofessions agricoles, couvrant notamment les filières soja et maïs, permet aussi d’améliorer la gouvernance sectorielle et l’accès aux marchés pour les producteurs, créant un environnement plus favorable à la transition agroécologique et au développement durable des filières.
Pourquoi est-ce important ?
La trajectoire empruntée par la SICA en 2025 met en lumière une transformation profonde du secteur agricole togolais, où l’agroécologie, la structuration des filières et le renforcement des capacités se positionnent comme des leviers essentiels de croissance durable. Contrairement à des approches transitoires ou ponctuelles, les actions de la SICA montrent qu’une agriculture durable peut être mise en œuvre à grande échelle, avec des résultats mesurables en termes de rendements et de gains socio-économiques pour les producteurs, y compris les jeunes et les femmes.
Dans un contexte régional marqué par l’urgence climatique, les tensions sur les marchés mondiaux des intrants et les défis de la sécurité alimentaire, cette dynamique togolaise s’inscrit dans une tendance plus large vers des systèmes agricoles résilients et durables en Afrique de l’Ouest. Elle rejoint des initiatives comme l’appui de la Banque mondiale à des programmes de transformation agricole résiliente ou les efforts législatifs pour structurer les interprofessions agricoles, contribuant à une intégration régionale plus forte et à une valorisation accrue des produits agricoles locaux.
Enfin, l’expérience de la SICA illustre que la transition agroécologique n’est pas seulement une question environnementale, mais aussi économique et sociale : elle améliore les capacités productives, renforce les revenus ruraux, stimule l’entrepreneuriat agricole et contribue à la sécurité alimentaire à long terme, des éléments essentiels pour la stabilité et le développement durable du Togo et de la sous-région ouest-africaine.