Togo : une gouvernance économique devenue modèle en Afrique de l’Ouest


Les points clés :

  • Le Togo se distingue dans les classements internationaux pour la qualité de ses politiques publiques et de son climat des affaires.

  • Selon le rapport CPIA 2025, le pays obtient un score de 3,8/6, supérieur à la moyenne de la région subsaharienne.

  • Le Business Ready 2025 place le Togo 1er en Afrique de l’Ouest et 3ᵉ en Afrique subsaharienne pour l’environnement des affaires.


Dans un contexte régional où de nombreux pays sont confrontés à des défis structurels persistants, le Togo attire l’attention pour la cohérence et l’efficacité de ses politiques publiques économiques. Depuis plusieurs années, le pays a engagé des réformes profondes visant à améliorer la gestion des finances publiques, à renforcer la transparence institutionnelle et à soutenir un environnement propice à l’investissement privé. Ces efforts trouvent aujourd’hui une reconnaissance tangible dans les évaluations de grandes institutions internationales, notamment la Banque mondiale.

Selon le rapport CPIA 2025 (Country Policy and Institutional Assessment), qui évalue les politiques et institutions économiques des pays bénéficiaires de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA), le Togo obtient un score global de 3,8 sur 6, au-dessus de la moyenne subsaharienne (environ 3,1), et se place juste derrière des économies comme la Côte d’Ivoire et le Bénin dans la région. Cette notation résulte de progrès notables dans plusieurs domaines tels que l’inclusion sociale, l’équité, la mobilisation des ressources internes et la gestion économique.

Le score CPIA se décline en plusieurs dimensions qui illustrent les avancées du Togo. Par exemple, la politique budgétaire et la politique monétaire bénéficient toutes deux d’une notation forte (4,0), reflétant la discipline budgétaire et la stabilité macroéconomique poursuivie par les autorités. De même, le cadre réglementaire pour les entreprises et les politiques structurelles obtiennent des scores supérieurs à la moyenne régionale, traduisant un environnement institutionnel graduellement plus favorable à l’activité économique.

Parallèlement à l’évaluation CPIA, le rapport Business Ready (B-Ready) 2025 de la Banque mondiale, nouveau baromètre qui remplace l’ancien classement Doing Business, confirme la place de choix du Togo en matière de climat des affaires. Avec un score global de 61,52 points, le Togo est classé 1ᵉʳ en Afrique de l’Ouest et 3ᵉ en Afrique subsaharienne, derrière le Rwanda et l’île Maurice.

Cette progression résulte de réformes qui ont profondément transformé l’environnement des affaires, notamment la simplification des procédures administratives, la modernisation des services publics et la digitalisation de plusieurs formalités. Le pays obtient des scores particulièrement élevés sur les indicateurs liés à l’entrée des entreprises sur le marché, où il approche les 85,8 points, traduisant un net progrès dans la création d’entreprises.

Ces classements s’inscrivent dans une dynamique réformatrice amorcée depuis plusieurs années. Le Togo a notamment entrepris la réduction drastique des coûts et délais de création d’entreprise, avec des frais passés de plus de 260 000 F CFA à environ 30 000 F CFA, et des délais nettement réduits. Cette démarche a contribué à stimuler l’activité entrepreneuriale, la croissance du tissu productif et l’attraction de capitaux privés.

La volonté politique de renforcer l’efficacité institutionnelle se manifeste également dans la mise en œuvre de stratégies de mobilisation des recettes internes. Le gouvernement a adopté des mesures pour élargir l’assiette fiscale, optimiser la collecte des impôts et moderniser la gestion des dépenses publiques. Ces réformes ont permis à l’État de disposer de ressources plus stables pour financer les investissements dans les services sociaux, les infrastructures et les secteurs productifs.

Sur le plan social, l’impact des politiques économiques se reflète dans des indicateurs de bien-être en amélioration, notamment en termes d’accès aux services de base et de réduction des inégalités. Les institutions togolaises ont renforcé les mécanismes de suivi des données sociales, ce qui permet une meilleure articulation des politiques publiques avec les besoins des populations.

L’efficacité et la crédibilité des institutions économiques se traduisent aussi par une confiance accrue des partenaires techniques et financiers, un élément essentiel pour la stabilité macroéconomique. Le Togo a été sélectionné dans certaines initiatives internationales telles que le G20 Compact with Africa, qui vise à renforcer les investissements privés dans les économies africaines engagées dans des réformes structurelles.

Pour autant, les évaluations internationales soulignent aussi des marges de progression, notamment dans des domaines comme le commerce international et la concurrence, qui restent des axes à approfondir pour maintenir l’attractivité du pays à long terme.

À l’échelle régionale, la performance institutionnelle du Togo s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la gouvernance économique en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États cherchent à améliorer leur cadre réglementaire pour attirer les investissements, stimuler l’innovation et créer des emplois durables.

Pourquoi est-ce important ?

L’évolution des politiques publiques et la solidité des institutions économiques au Togo sont au cœur de sa stratégie de développement. Une gouvernance économique cohérente, transparente et orientée vers la création de valeur économique est essentielle non seulement pour renforcer la résilience de l’économie nationale, mais aussi pour attirer les investisseurs régionaux et internationaux.

La reconnaissance internationale, mesurée par des indicateurs comme le CPIA 2025 et le Business Ready 2025, confère au Togo une crédibilité stratégique qui réduit les risques perçus par les partenaires et facilite l’accès à des financements concessionnels ou privés pour des projets structurants. Dans une région où les économies sont souvent exposées à des chocs externes (volatilité des prix des matières premières, instabilité politique, etc.), un cadre institutionnel solide est un facteur clé pour stabiliser les économies et favoriser une croissance inclusive.

Par ailleurs, l’impact direct sur la vie des citoyens est tangible : la création de nouvelles entreprises, l’augmentation de l’emploi, l’amélioration de l’accès aux services publics et la capacité de l’État à financer des politiques sociales contribuent à réduire la pauvreté et à améliorer le bien-être général. Dans le contexte ouest-africain, où la compétitivité économique devient un levier de développement, le Togo se positionne comme un bon élève, montrant que des réformes soutenues et bien articulées peuvent produire des résultats concrets et reproduisibles.

Ce modèle offre des enseignements utiles aux autres pays de la sous-région qui cherchent à renforcer leurs institutions, à améliorer leur climat des affaires et à engager leurs économies sur une trajectoire de croissance durable. Le défi consiste désormais à transformer ces acquis institutionnels en prospérité partagée, au service d’un développement socio-économique inclusif à long terme.

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