Les points clés :
La capitale togolaise s'apprête à devenir le centre névralgique de la finance et du risque en Afrique de l'Ouest. Les 2 et 3 novembre 2026, Lomé abritera le 12e Forum des Marchés de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), organisé conjointement avec l’Association professionnelle des sociétés d’assurances du Togo (APSAT). Au cœur des débats : l'accumulation persistante des arriérés de primes, une problématique structurelle qui fragilise la trésorerie et la solvabilité des compagnies d'assurances opérant dans l'espace de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA).
Quinze ans après, la stricte application de l'article 13
Les dirigeants du secteur concentreront leurs travaux sur le bilan et la mise en œuvre effective de l’article 13 du Code CIMA. Introduite lors de la réforme réglementaire de 2011, cette disposition clé érige le paiement préalable de la prime en condition sine qua non pour la prise d’effet ou le renouvellement de tout contrat d'assurance. En dépit de ce cadre juridique coercitif, qui interdit explicitement la couverture à crédit hors dérogations très encadrées, les créances sur les assurés et les intermédiaires continuent de grever les bilans prudentiels des opérateurs de la zone.
Pour assainir les pratiques de marché, les délégués plancheront sur la mesure exacte de ces impayés, l'identification de leurs facteurs déclencheurs ainsi que sur l'optimisation des stratégies de recouvrement. Parmi les livrables attendus figure la négociation d’une charte engageante entre assureurs, courtiers et agents généraux. Ce texte doit formaliser des mécanismes plus stricts d'encaissement et de reversement des fonds, soutenus par un renforcement des instruments de contrôle et de régulation conjointe entre la FANAF et les autorités de la CIMA.
L'assurance santé à l'heure des partenariats public-privé
Dans le prolongement immédiat de ces assises financières, la capitale togolaise enchaînera les 4 et 5 novembre 2026 avec un symposium panafricain consacré à l’assurance santé. L'événement vise à définir les conditions de viabilité et d'inclusion des modèles économiques de prise en charge médicale sur le continent.
Ce second volet résonne particulièrement avec la dynamique nationale togolaise. Dans le cadre du déploiement de l'Assurance maladie universelle (AMU), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Institut national d’assurance maladie (INAM) ont scellé dès octobre 2025 des conventions-cadres avec les compagnies privées du Togo. L'objectif consiste à bâtir un écosystème hybride dans lequel les assureurs privés délivrent des couvertures complémentaires santé pour étoffer le panier de soins de base.
Pourquoi est-ce important ?
Le sommet de Lomé marque une étape décisive pour la soutenabilité du secteur de l'assurance en Afrique francophone. En s'attaquant frontalement aux arriérés de primes, la FANAF et la CIMA cherchent à préserver les fonds propres des compagnies, indispensables pour garantir leur capacité d'indemnisation en cas de sinistre majeur et pour respecter les critères de solvabilité financière.
Par ailleurs, l'articulation entre régimes publics de santé et assureurs privés esquisse le modèle africain de protection sociale de demain. Si le secteur privé parvient à structurer des offres complémentaires accessibles et pérennes, cette synergie permettra de réduire significativement le reste à charge des ménages tout en élargissant la base de mutualisation du risque sanitaire à l'échelle du continent.
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