Le Togo et le Rwanda suppriment les visas : opportunités économiques, diplomatiques et régionales
Les points clés :
Le Togo et le Rwanda ont signé un accord d’exemption réciproque de visas pour tous les détenteurs de passeports, facilitant les déplacements entre les deux pays.
Cette mesure vise à stimuler les échanges économiques, touristiques et les investissements dans un contexte de coopération bilatérale élargie.
Elle s’inscrit dans une tendance panafricaine croissante de libéralisation des frontières pour les citoyens africains afin de renforcer l’intégration continentale.
Dans un geste diplomatique fort, le Togo et le Rwanda ont signé le vendredi 16 janvier 2026 à Lomé un accord d’exemption de visa réciproque, abolissant l’obligation de visa pour les déplacements entre les deux pays pour tous types de passeports. Cet accord a été paraphé par les ministres des Affaires étrangères, Robert Dussey pour le Togo et Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda, en marge d’une réunion de haut niveau consacrée à la consolidation du processus de paix dans la région des Grands Lacs.
Pour les deux pays, cette mesure symbolise une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations bilatérales qui se sont étendues au-delà de la diplomatie traditionnelle vers des secteurs économiques et sociaux variés, allant du numérique à l’agriculture, du commerce aux investissements ainsi qu’à la finance verte et à l’énergie. Le partenariat entre Lomé et Kigali est également marqué depuis 2018 par un accord de libéralisation des services aériens permettant à RwandAir et à ASKY Airlines d’opérer des vols directs sans contraintes de fréquence entre les deux capitales, favorisant ainsi la connectivité régionale.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de facilitation des déplacements en Afrique, qui s’accélère avec des politiques similaires adoptées par plusieurs nations. Par exemple, le Ghana a récemment annoncé la suppression des exigences de visa pour tous les citoyens africains, dans le but de renforcer le tourisme et les échanges économiques régionaux. Ce phénomène reflète une volonté continentale croissante de soutenir l’intégration économique africaine, notamment à travers la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), qui vise à faciliter les flux de biens, de services et de personnes à travers l’Afrique.
Pour les citoyens togolais, dont le passeport figure parmi les plus puissants de l’UEMOA avec accès sans visa à plus de 60 destinations dans le monde en 2024, selon le classement de l’indice Henley & Partners, cette décision renforce encore davantage la mobilité internationale de la population togolaise. Jusqu’alors, des accords d’exemption de visa existaient déjà avec plusieurs pays à travers le monde, illustrant la politique active du Togo en matière de diplomatie de mobilité.
Sur le plan économique, la levée de l’obligation de visa devrait réduire les barrières administratives et les coûts associés aux déplacements internationaux, ce qui est particulièrement bénéfique pour les entrepreneurs, les investisseurs et les professionnels des secteurs privés et publics. En rendant les voyages entre Lomé et Kigali plus fluides, l’accord aide non seulement à renforcer le tourisme bilatéral mais aussi à encourager les échanges commerciaux et les partenariats d’affaires transfrontaliers.
Pour les secteurs du commerce et des investissements, la suppression de visa s’ajoute aux autres instruments facilitant l’intégration. Par exemple, le Rwanda est connu pour son climat d’affaires attractif, régulièrement souligné dans les classements internationaux sur la facilité de faire des affaires, ce qui en fait une destination intéressante pour les investisseurs togolais et ouest-africains souhaitant diversifier leurs portefeuilles.
Du côté togolais, cette mesure est un élément stratégique de la diplomatie économique du pays, qui tente d’accroître son influence et son intégration dans les réseaux régionaux et continentaux. L’accord s’inscrit dans une perspective de coopération Sud-Sud renforcée, où les États africains bâtissent des ponts pour faciliter non seulement les échanges humains mais aussi les relations économiques.
Cette décision pourrait aussi stimuler des synergies plus larges au sein de l’Afrique de l’Ouest et au-delà, en inspirant d’autres pays à étendre des politiques similaires. Les accords de mobilité régionale ont des impacts tangibles sur le tourisme, l’éducation, les investissements directs étrangers et les réseaux d’affaires transnationaux, contribue à dynamiser les économies locales des pays signataires et à renforcer l’intégration régionale.
Pourquoi est-ce important ?
L’accord d’exemption de visa entre le Togo et le Rwanda dépasse le simple cadre symbolique d’une initiative diplomatique : il représente un levier concret pour dynamiser les échanges économiques, la mobilité des talents et l’intégration régionale, essentiels à l’essor des économies africaines dans un monde de plus en plus globalisé. Faciliter la circulation des personnes entre deux économies dynamique comme celles du Togo et du Rwanda permet d’encourager des investissements bilatéraux plus importants, de stimuler le tourisme d’affaires et culturel, et de réduire les coûts et contraintes liés aux voyages internationaux.
L’impact de cette mesure s’inscrit également dans une dynamique continentale où la libre circulation est de plus en plus promue comme un vecteur de croissance économique et d’intégration sociale. Elle complète les aspirations de la ZLECAf et des initiatives d’intégration régionale qui cherchent à libéraliser les économies africaines pour attirer des capitaux, stimuler l’innovation et renforcer les chaînes de valeur régionales. Enfin, dans une Afrique en pleine transformation, des accords comme celui-ci contribuent à reconfigurer les réseaux de mobilité, d’affaires et d’investissement, participant ainsi à un développement plus intégré et prospère de l’Afrique de l’Ouest et du continent tout entier.