Restauration des terres au Togo : la FAO ouvre jusqu’à 50 000 dollars de financement pour les projets verts
12 juin 2026

Restauration des terres au Togo : la FAO ouvre jusqu’à 50 000 dollars de financement pour les projets verts

Par Timothée Adjogla

Les points clés :

  • La FAO lance un appel à projets au Togo dans le cadre du programme AFR100.
  • Les organisations éligibles peuvent obtenir entre 5 000 et 50 000 dollars pour restaurer les terres dégradées.
  • Cette initiative s’inscrit dans l’engagement du Togo à restaurer 1,4 million d’hectares de terres d’ici 2030.

Alors que les effets du changement climatique, de la dégradation des sols et de la pression démographique se font de plus en plus sentir sur les économies africaines, le Togo dispose désormais d’un nouvel instrument financier pour accélérer sa transition écologique. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient de lancer un appel à propositions destiné aux organisations engagées dans la restauration des terres et la gestion durable des ressources naturelles, avec des subventions pouvant atteindre 50 000 dollars par projet. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme AFR100, l’un des plus ambitieux programmes de restauration des paysages forestiers et agricoles sur le continent africain.

Derrière cette annonce se cache un enjeu économique majeur. En Afrique, la dégradation des terres représente chaque année des milliards de dollars de pertes en productivité agricole, en revenus ruraux et en services écosystémiques. Pour le Togo, où l’agriculture demeure un pilier de l’économie et une source essentielle de revenus pour les populations rurales, restaurer les sols dégradés ne relève plus uniquement de la protection de l’environnement. Il s’agit désormais d’un impératif économique et social.

Restaurer les terres pour soutenir la croissance économique

Les financements proposés par la FAO ciblent plusieurs domaines stratégiques : l’agroforesterie, le reboisement, la conservation des sols et de l’eau, la création de pépinières communautaires, la protection de la biodiversité et le développement d’activités économiques liées à la restauration des écosystèmes. Les bénéficiaires potentiels sont les organisations communautaires, les coopératives agricoles, les associations de producteurs, les ONG ainsi que les structures dirigées par des femmes et des jeunes. Cette approche traduit une évolution importante dans les politiques environnementales africaines. Pendant longtemps, les programmes de restauration ont été perçus comme des projets essentiellement écologiques. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus considérés comme des leviers de développement économique local.

La FAO souligne d’ailleurs que le programme AFR100 vise à créer des entreprises rurales liées à la restauration des terres, à développer des chaînes de valeur vertes et à favoriser la création d’emplois durables dans les zones rurales. Pour un pays comme le Togo, où l’emploi des jeunes demeure un défi structurel, cette orientation peut contribuer à générer de nouvelles opportunités économiques tout en renforçant la résilience des territoires face aux changements climatiques.

Le Togo engagé dans un objectif ambitieux de 1,4 million d’hectares

L’appel à projets intervient dans un contexte où le Togo accélère la mise en œuvre de ses engagements environnementaux. Dans le cadre de l’initiative AFR100, le pays s’est officiellement engagé à restaurer 1,4 million d’hectares de terres dégradées d’ici 2030. Cet objectif s’inscrit dans une vision nationale visant à concilier développement économique, préservation des ressources naturelles et amélioration des conditions de vie des populations rurales. 

Depuis plusieurs années, les autorités togolaises ont multiplié les initiatives dans ce domaine. Le Programme national de reboisement, les campagnes annuelles de plantation d’arbres ainsi que les politiques de lutte contre la déforestation témoignent de cette volonté de restaurer les écosystèmes tout en soutenant la productivité agricole. L’enjeu est considérable. La dégradation des sols réduit les rendements agricoles, accroît l’insécurité alimentaire et fragilise les revenus des ménages ruraux. À l’inverse, les terres restaurées améliorent la fertilité des sols, favorisent la rétention d’eau et renforcent la résistance des cultures aux aléas climatiques.

AFR100, une initiative continentale devenue stratégique

Lancé sous l’impulsion de partenaires africains et internationaux, AFR100 constitue aujourd’hui l’une des plus importantes initiatives de restauration des paysages au monde. Selon les données officielles du programme, 34 pays africains ont déjà adhéré à l’initiative et se sont engagés à restaurer plus de 129 millions d’hectares de terres dégradées, dépassant même l’objectif initial de 100 millions d’hectares fixé pour 2030.

Le programme soutenu par la FAO couvre actuellement six pays : le Togo, la République démocratique du Congo, le Kenya, Madagascar, le Malawi et la Tanzanie. Il bénéficie d’un financement global de 40 millions d’euros apporté par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). L’objectif est non seulement de restaurer les paysages dégradés mais aussi de renforcer la gouvernance foncière, développer les activités économiques vertes et favoriser l’inclusion des femmes et des jeunes dans les projets environnementaux.

Un enjeu économique de plus en plus stratégique pour l’Afrique

Au-delà du Togo, la restauration des terres est devenue une question centrale pour l’ensemble du continent africain. Selon les experts du développement, l’Afrique dispose d’un potentiel considérable en matière d’agriculture, mais ce potentiel est menacé par l’érosion des sols, la déforestation et les effets du changement climatique. La restauration des paysages apparaît aujourd’hui comme une réponse capable d’améliorer simultanément la sécurité alimentaire, la productivité agricole, la résilience climatique et la création d’emplois ruraux.

Les institutions internationales considèrent également ces projets comme des investissements rentables à long terme. Les bénéfices attendus dépassent largement les seuls gains environnementaux puisqu’ils concernent aussi la réduction de la pauvreté, la stabilité sociale et l’attractivité économique des territoires ruraux. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance mondiale où la finance verte prend une place croissante dans les stratégies de développement.

Pourquoi est-ce important ?

Cet appel à projets de la FAO intervient à un moment charnière pour le Togo et pour l’Afrique. Face aux défis du changement climatique, de la dégradation des terres et de la sécurité alimentaire, les politiques environnementales ne sont plus uniquement des réponses écologiques. Elles deviennent des outils de développement économique, de création d’emplois et de réduction de la pauvreté.

Pour le Togo, l’objectif de restaurer 1,4 million d’hectares de terres d’ici 2030 constitue un levier majeur pour renforcer la productivité agricole, préserver les ressources naturelles et attirer davantage de financements climatiques internationaux. Les subventions mises à disposition par la FAO offrent ainsi aux organisations locales l’opportunité de transformer des initiatives communautaires en projets structurants capables de générer des bénéfices économiques durables. À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays sont confrontés à l’avancée de la désertification, à l’érosion des sols et à la pression sur les ressources naturelles, le succès de telles initiatives pourrait servir de modèle pour concilier croissance économique, résilience climatique et développement rural inclusif.

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