FMI–Bénin : prolongation décisive pour boucler un programme de 484 millions de DTS


Les points clés :

  • Le Fonds monétaire international (FMI) a accordé au Bénin une prolongation de ses programmes de soutien jusqu’au 28 février 2026, permettant d’achever les dernières revues techniques avant clôture.

  • Ces arrangements combinés sous MEDC, FEC et la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (MRD) totalisent 484,058 millions de DTS, soit près de 391 % du quota du pays auprès du FMI.

  • La croissance béninoise, soutenue par des réformes structurelles et une gestion macroéconomique rigoureuse, a atteint 7,5 % en 2024, renforçant la crédibilité du programme.


Lorsque le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 7 janvier 2026, la prolongation de l’arrangement en faveur du Bénin jusqu’au 28 février 2026, il s’est agi d’une décision aux implications profondes pour l’économie de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Cette extension ne constitue pas un échec, mais un signal fort de confiance de la part de l’institution de Bretton Woods dans les réformes économiques menées par les autorités béninoises, tout en offrant une marge de manœuvre pour parachever les dernières étapes du programme.

Le programme en question a été originellement engagé le 8 juillet 2022, lorsque le FMI a approuvé des arrangements combinés dans le cadre du Mécanisme Élargi de Crédit (MEDC) et de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) pour le Bénin, d’un montant de 484,058 millions de DTS, ce qui représentait alors environ 391 % du quota du pays, pour une durée initiale de 42 mois. À ces volets s’est ajouté plus tard, en décembre 2023, l’accord au titre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (MRD), conçu pour soutenir des engagements liés à la résilience aux chocs et aux transitions structurelles.

La prolongation jusqu’à fin février 2026 a été décidée pour permettre au Bénin et au FMI de finaliser la septième et dernière revue des arrangements FEC-MEDC ainsi que la quatrième et dernière revue au titre de la MRD avant la conclusion formelle du programme. Dans la langue du FMI, cette étape doit garantir que l’examen technique et politique du programme soit complet et conforme aux objectifs initiaux, tout en assurant une transition ordonnée vers une éventuelle coopération future.

Sur le plan macroéconomique, l’économie béninoise a enregistré des performances significatives pendant la durée de ces accords. Selon le FMI, la croissance du produit intérieur brut (PIB) du Bénin a culminé à 7,5 % en 2024, un niveau particulièrement élevé pour l’Afrique de l’Ouest, largement soutenu par la dynamique du commerce, de l’agriculture et de l’investissement. Dans le contexte du programme, plusieurs réformes fiscales et structurelles ont contribué à la consolidation budgétaire, permettant au pays de converger vers les normes de déficit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment un déficit public conforme à la règle communautaire de 3 % du PIB, atteinte un an plus tôt que prévu.

Outre les efforts de consolidation budgétaire, le programme a soutenu des réformes visant à renforcer la mobilisation des recettes internes, l’efficacité de la dépense publique et la résilience face aux chocs externes. Ces réformes incluent des mesures destinées à améliorer la transparence budgétaire, la gestion des finances publiques, la rationalisation des subventions et l’adoption de cadres réglementaires favorables au développement du secteur privé.

L’achèvement des revues programmatiques requiert une évaluation robuste de l’impact des mesures adoptées, l’alignement des politiques macroéconomiques avec les objectifs de développement national, et la mise en place de stratégies durables post-programme. Pour le Bénin, la phase finale de cette évaluation constitue une étape cruciale pour inscrire ses acquis dans une trajectoire de croissance durable, tout en préparant le terrain pour un éventuel programme successeur ou un partenariat élargi avec le FMI.

Cette prolongation s’inscrit aussi dans un contexte plus large où plusieurs pays de la région ont renforcé leur collaboration avec des institutions financières internationales pour gérer les défis macroéconomiques liés à la pandémie de COVID-19, aux fluctuations des prix des matières premières et aux retombées des tensions géopolitiques. En Côte d’Ivoire, par exemple, des discussions sur la quatrième revue de son programme IMF sont en cours tandis que le Sénégal a mobilisé des décaissements significatifs dans le cadre de facilités similaires.

Pour le gouvernement béninois, cette extension ne remet pas en cause la bonne dynamique du programme actuel, mais traduit plutôt une volonté partagée de boucler correctement ce cycle, en consolidant les gains économiques et en consolidant la confiance des partenaires internationaux. En effet, le bilan des réformes menées sous l’égide du FMI a contribué à améliorer l’accès aux marchés financiers internationaux et à renforcer l’attractivité du pays auprès des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.

Pourquoi est-ce important ?

La décision du FMI de prolonger les arrangements en faveur du Bénin jusqu’à fin février 2026 est importante à plusieurs niveaux. D’abord, elle assure la continuité du soutien macroéconomique et institutionnel pour un pays dont la croissance économique est l’une des plus rapides de la sous-région. Cette stabilité est essentielle pour attirer les investissements privés, renforcer la confiance des marchés financiers et limiter les vulnérabilités face aux chocs externes.

Ensuite, le programme du FMI accompagne des réformes structurelles durables, notamment la gestion des finances publiques, la transparence budgétaire et la mobilisation des recettes internes, qui peuvent renforcer la résilience de l’économie béninoise au-delà de la durée du programme lui-même. La promotion d’un climat des affaires plus favorable et l’amélioration du cadre réglementaire sont des facteurs clés pour stimuler la croissance inclusive et l’emploi.

Enfin, à une échelle régionale, le succès du programme béninois illustre l’impact positif d’une coopération soutenue entre les pays ouest-africains et les institutions financières internationales. Dans une zone marquée par des défis communs, tels que la volatilité des prix des matières premières, les pressions sur les finances publiques et les besoins de financement pour le développement social, la capacité de conclure des programmes avec le FMI conforte la crédibilité des stratégies économiques nationales.

À l’heure où les économies de la CEDEAO recherchent une trajectoire de croissance durable et inclusive, la prolongation de l’appui du FMI au Bénin en tant que partenaire stratégique offre un modèle de coopération économique constructif. Elle constitue également une référence pour d’autres pays de la région qui aspirent à renforcer leur gouvernance économique, stabiliser leurs finances publiques et mobiliser des ressources pour le développement à long terme.

En définitive, la conclusion ordonnée de ce programme renforce la position du Bénin sur l’échiquier macroéconomique ouest-africain, tout en rappelant que la consolidation des progrès nécessite une combinaison de discipline budgétaire, réformes structurelles et partenariats stratégiques.

Suivant
Suivant

Boom des métaux précieux : pourquoi l’or, l’argent et le platine s’envolent vers des sommets inédits