BRVM : fin de la nervosité des marchés


Les points clés :

  • Le marché boursier régional de la BRVM retrouve un ton haussier, les trois principaux indices rebondissant après des tensions récentes.

  • Le redressement de Société Générale Côte d’Ivoire (SGCI) propulse le BRVM Composite, tandis que Unilever CI, Sicable CI et Setao CI enregistrent des gains importants.

  • Malgré une activité modérée, Sonatel demeure le titre le plus échangé, confirmant l’importance des valeurs bancaires et télécoms dans la liquidité du marché.


Le marché boursier de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), incarné par la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) basée à Abidjan, a entamé la nouvelle semaine 2026 sur une note nettement positive, offrant un contraste avec les pressions observées précédemment sur certains segments du marché. Ce regain d’optimisme se manifeste par une progression fluide des trois principaux indices boursiers, reflétant une reprise sélective mais significative de la confiance des investisseurs.

À l’ouverture, le BRVM Composite, baromètre global du marché, s’est apprécié à 344,48 points, soulignant une dynamique haussière soutenue par les achats des investisseurs. Le BRVM-30, qui regroupe les 30 valeurs les plus liquides du marché, a également confirmé ce mouvement avec une progression à 165,04 points, tandis que le BRVM Prestige, souvent considéré comme un indicateur de la performance des valeurs de qualité, a gagné du terrain à 143,03 points.

Le pivot de cette séance a été le redressement notable du titre Société Générale CI (SGCI), qui a progressé de 6,13 % à 29 185 FCFA, générant un gain substantiel de capitalisation boursière d’environ 52,42 milliards FCFA. Cette performance illustre la rôle moteur du secteur bancaire dans le marché régional, un segment traditionnellement porteur au sein de la BRVM. Parallèlement, d’autres titres ont profité de l’élan général : Unilever CI a effacé ses pertes récentes avec une hausse de +7,50 %, tandis que Sicable CI et Setao CI ont enregistré respectivement +7,36 % et +7,14 %, signalant une reprise appréciable après des phases difficiles.

Ce rebond s’inscrit dans un contexte de reprise plus large du marché en 2025, marquée par une progression significative de la capitalisation boursière régionale. La BRVM a franchi des étapes historiques en 2025 avec une capitalisation dépassant 13 000 milliards FCFA, reflétant une progression soutenue des valeurs cotées et une confiance accrue des investisseurs régionaux et internationaux. Sur l’ensemble de l’année passée, le BRVM Composite avait affiché une croissance notable, traduisant l’attraction persistante de la place pour les capitaux cherchant des opportunités en Afrique de l’Ouest.

Pour autant, la reprise n’est pas homogène. Certains titres ont été touchés par des prises de bénéfices, reflétant une prudence qui accompagne souvent les phases de rebond. Ainsi, Sicor CI a reculé de 3,92 %, SAPH CI de 3,56 % et Nestlé CI de 2,55 %, correspondant à des opérations de retrait ciblées après des gains antérieurs. Ces mouvements indiquent que si la tendance générale reste positive, les investisseurs demeurent vigilants, ajustant leurs portefeuilles face à des valorisations parfois élevées.

L’activité du marché demeure modérée, avec un volume global de transactions de 439,08 millions FCFA, ce qui illustre une phase de stabilisation après les fortes animations des semaines précédentes et un repositionnement des flux financiers sur des valeurs à fort potentiel. Dans cette configuration, Sonatel conserve son statut de principal contributeur à la liquidité, avec des échanges représentant près de 15 % du volume total, confirmant l’importance des valeurs télécoms comme support de la dynamique de marché.

Ce contexte de reprise corrige partiellement une phase de consolidation observée à l’ouverture de 2026, où les volumes avaient montré une certaine élasticité, et où le marché traduisait une digestion technique des extraordinaires performances de 2025. Sur le long terme, le marché reste soutenu par une logique de valorisation croissante des actifs, portée par des fondamentaux solides (croissance des bénéfices consolidés, dividendes attractifs, performance des grandes capitalisations) et par une stratégie d’investissement plus affirmée des acteurs régionaux.

Cette progression de la BRVM est d’autant plus notable que le marché régional opère dans un univers financier émergent où la profondeur et la liquidité demeurent des enjeux structurels. Les performances enregistrées en 2025 et en ce début 2026 confirment toutefois que la BRVM continue de gagner en maturité malgré ces défis, consolidant sa position comme plateforme financière de référence pour l’investissement en Afrique de l’Ouest.

Au-delà des chiffres et des fluctuations quotidiennes, le rôle des valeurs bancaires et des grandes capitalisations comme SGCI, Sonatel et Unilever CI souligne l’importance de segments structurants pour la santé de la Bourse régionale. Les indicateurs actuels, bien qu’encore sensibles à la volatilité des flux, démontrent une tendance de fond où les acteurs de la finance, des télécommunications et de la grande consommation restent des piliers de la croissance boursière régionale.

Pourquoi est-ce important ?

La reprise de la BRVM, illustrée par le rebond des indices et l’augmentation de la capitalisation, traduit un renforcement de la confiance des investisseurs dans la région et une valorisation croissante des actifs ouest-africains. Dans un environnement économique où les marchés émergents cherchent à attirer des capitaux internationaux, ces mouvements indiquent que l’Afrique de l’Ouest est de plus en plus perçue comme une zone d’opportunités financières crédibles.

Sur le plan macroéconomique, une BRVM dynamique peut jouer un rôle crucial dans la mobilisation de l’épargne locale et le financement des entreprises régionales, offrant une alternative aux sources de financement traditionnelles telles que la dette bancaire. Cela favorise à la fois la création d’emplois et la stimulation de projets productifs, en particulier dans les secteurs bancaires, télécoms et industriels.

En termes d’intégration régionale, une bourse forte et active renforce l’UEMOA comme un espace financier cohérent capable de rivaliser avec d’autres marchés africains, tout en facilitant la circulation des capitaux entre les pays membres. La performance récente de valeurs comme SGCI et Sonatel, ancrées dans plusieurs pays de la zone, illustre l’importance d’une architecture financière régionale intégrée pour soutenir le développement économique.

Enfin, pour les investisseurs locaux comme étrangers, un marché en phase de rebond offre des opportunités de diversification de portefeuille et d’optimisation des rendements, tout en contribuant à la maturité et à la résilience du marché. La capacité de la BRVM à absorber les corrections techniques et à rebondir après des phases de tension est un signe de solidité qui peut encourager des flux de capitaux durables sur le long terme, un élément essentiel pour la croissance économique de l’Afrique de l’Ouest dans les années à venir.

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