BRVM : la Bourse régionale ouest-africaine rebondit, portée par Orange CI et un retour des investisseurs

Les points clés :

  • La BRVM a signé un rebond solide avec une progression de ses principaux indices : le Composite à 353,99 points, le BRVM-30 à 168,09 et le Prestige à 145,81, traduisant un retour de confiance du marché.

  • Le titre Orange Côte d’Ivoire a soutenu le redressement en contribuant plus de 44 milliards FCFA à la capitalisation, tandis que SGCI a concentré près de 45 % du volume des échanges de la séance.

  • Les échanges affichent une forte activité transactionnelle (environ 1,31 milliard FCFA) et des hausses spectaculaires comme Unilever CI (+7,49 %), Bernabé (+7,40 %) et Sicable (+7,34 %), malgré quelques prises de bénéfices sur des titres comme ETIT et Setao.


La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), qui relie huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a de nouveau enregistré une séance favorable le 21 janvier 2026, traduisant un rebond marqué du marché. Après une période de correction, les acheteurs ont repris le dessus, avec 28 valeurs en hausse contre 13 en baisse, indiquant une amélioration du sentiment des investisseurs et une dynamique positive des échanges.

Les principaux indices de la bourse ont progressé : l’indice BRVM Composite a gagné 0,72 % pour atteindre 353,99 points, tandis que le BRVM-30 s’établissait à 168,09 points (+0,52 %) et le BRVM Prestige à 145,81 points (+0,68 %). Cette progression intervient dans un contexte plus large de croissance des marchés ouest-africains : sur l’année 2025, l’indice Composite avait déjà enregistré une hausse d’environ 25,26 %, reflétant une dynamique haussière prolongée du marché.

L’un des moteurs de ce rebond est le titre Orange Côte d’Ivoire, qui a joué un rôle central dans la séance en soutenant fortement la capitalisation boursière, avec un apport supérieur à 44 milliards FCFA. Sa performance positive s’inscrit dans la tendance plus large des grandes capitalisations régionales, telles que les acteurs télécoms et bancaires, qui ont contribué au renforcement de l’attractivité du marché. En 2024, la capitalisation boursière de la BRVM avait atteint un record de 20,6 trillions FCFA, soit une progression marquée par rapport à 2023, témoignant d’un intérêt croissant des investisseurs pour la place régionale.

La dynamique transactionnelle a aussi joué un rôle clé : la journée a enregistré un volume global d’environ 1,31 milliard FCFA échangé, signe d’un retour marqué des investisseurs actifs. Parmi les valeurs les plus actives, la Société Générale Côte d’Ivoire (SGCI) a dominé les échanges, concentrant près de 45 % du volume total, ce qui illustre un repositionnement massif sur cette valeur bancaire de référence et renforce la tonalité positive du marché.

Au-delà des acteurs institutionnels, le spectre des performances individuelles met en lumière des titres très moteurs de la reprise : Unilever Côte d’Ivoire, qui a effacé des pertes antérieures avec une hausse de 7,49 % à 46 760 FCFA, tandis que Bernabé (+7,40 % à 1 670 FCFA) et Sicable (+7,34 % à 2 925 FCFA) ont aussi contribué à l’animation du marché. Ce type de mouvement conforte les perspectives positives pour les valeurs de consommation et d’industrie légère, dont la performance est souvent perçue comme un baromètre de la confiance des investisseurs envers les économies sous-jacentes.

Toutefois, certaines valeurs n’ont pas suivi la tendance haussière, notamment ETIT (-4,35 %), Setao (-4 %) et Tractafric Motors (-2,81 %), qui ont subi des prises de bénéfices dans un environnement toujours sélectif, où les investisseurs cherchent à arbitrer leurs portefeuilles en fonction de perspectives sectorielles.

Sur le plan technique, ces mouvements s’inscrivent dans une trajectoire haussière plus large de la BRVM : les indicateurs de marché montrent un intérêt soutenu pour les actions régionales, avec une performance cumulative de plus de 197 % sur cinq ans et une forte croissance annuelle moyenne. Cette progression à moyen terme reflète l’intégration progressive des économies de l’UEMOA et une amélioration de la liquidité du marché, soutenue par la stabilité du franc CFA, arrimé à l’euro, et par des réformes financières internes qui renforcent l’environnement de marché.

La BRVM reste d’ailleurs l’une des principales places financières du continent, considérée comme la 5ᵉ plus grande bourse d’Afrique, derrière des places comme Johannesburg, Le Caire, Lagos ou Casablanca, mais devant nombre d’autres marchés locaux, ce qui lui confère une position stratégique dans l’écosystème financier du continent. Cet ensemble de facteurs continue d’attirer l’attention des investisseurs, nationaux et internationaux, sur les opportunités offertes par les grandes entreprises cotées de la région, tout en renforçant les attentes pour de nouvelles introductions et l’expansion des services financiers liés aux produits cotés.

Dans cette optique, l’intérêt des investisseurs pour des valeurs telles que Orange CI, SGCI, Unilever CI et autres titres à forte capitalisation traduit une confiance croissante dans la capacité de la BRVM à absorber les chocs et à offrir des opportunités de rendement attractives, en particulier dans un contexte de reprise économique régionale post-pandémie.

Pourquoi est-ce important ?

La dynamique observée à la BRVM ne se limite pas à une simple performance ponctuelle d’un indice : elle reflète des évolutions structurelles profondes de l’économie ouest-africaine. Une bourse régionale robuste, avec des volumes d’échange soutenus et des capitalisations croissantes, est un indicateur clé de la maturité financière de la région. Elle permet à des économies comme celles de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Burkina Faso ou du Togo de canaliser l’épargne locale vers le financement des entreprises et des projets nationaux, réduisant ainsi la dépendance aux financements extérieurs coûteux.

Une capitalisation en hausse améliore aussi la capacité des États membres à mobiliser des ressources à travers des émissions obligataires ou des introductions en bourse, ce qui peut réduire le coût du financement public et privé. Dans un contexte où de nombreux pays ouest-africains poursuivent des réformes économiques et financières pour attirer des capitaux étrangers, la performance de la BRVM devient un signal fort pour les investisseurs internationaux, en particulier dans un environnement mondial de taux bas mais volatil.

Enfin, une bourse dynamique contribue à renforcer la culture de l’investissement local, stimule l’innovation financière (fonds d’investissement, OPCVM, produits dérivés) et encourage la transparence et la gouvernance d’entreprise. À terme, ceci favorise la création d’emplois, l’amélioration des revenus et l’intégration économique régionale, alignant les marchés financiers ouest-africains sur des standards internationaux et renforçant leur rôle dans l’économie globale du continent.

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