BRVM : momentum modéré mais structure financière renforcée

Les points clés :

  • La séance de ce jeudi confirme une tendance boursière positive modérée à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), avec le BRVM Composite en hausse à 354,56 points et le BRVM-30 également en progression.

  • Le secteur financier, notamment avec ETIT et Ecobank, a soutenu le marché, tandis que certaines valeurs cycliques ont connu des prises de bénéfices sélectives.

  • L’activité reste soutenue avec des échanges significatifs autour de 888,99 millions FCFA, reflétant une liquidité notable malgré une légère baisse par rapport à la veille.


La séance de ce jeudi s’est déroulée dans une atmosphère globalement favorable à la BRVM, la bourse régionale qui regroupe les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les principaux indices ont confirmé leur orientation ascendante, signe d’un marché consolidé dans la continuité de sa dynamique enregistrée au cours des derniers mois et des derniers exercices. Ainsi, le BRVM Composite a gagné 0,16 % pour s’établir à 354,56 points, tandis que le BRVM-30 affichait une progression de 0,22 %. À l’inverse, l’indice Prestige a légèrement reculé de 0,20 %, traduisant des ajustements sur certaines grandes capitalisations.

La performance de ces indices ne se lit pas uniquement à la lumière de la séance du jour. Sur une période plus longue, le marché régional a fait preuve de résilience et de progression, avec notamment une croissance annuelle de 25,26 % du BRVM Composite en 2025 et presque 100 % de hausse cumulée sur cinq ans, démontrant la robustesse de la place boursière malgré un environnement macroéconomique complexe.

Ce mouvement haussier est soutenu par des secteurs clés, en particulier les services financiers, où plusieurs valeurs ont pris une place centrale dans les échanges. Le titre ETIT a été l’un des principaux supports du marché, générant à lui seul un gain de capitalisation de 18,1 milliards FCFA, une contribution significative pour l’indice global. Dans un contexte de volatilité, ce regain d’intérêt pour ETIT reflète la capacité de certaines valeurs à absorber les fluctuations et à offrir des points d’ancrage aux investisseurs.

Parmi les valeurs les plus performantes de la séance, Sucivoire CI s’est illustrée en progressant de 7,27 % à 1 180 FCFA, retrouvant une position de leadership après une phase d’attentisme, tandis que Bernabé a poursuivi sa dynamique positive avec un gain de 6,89 % à 1 785 FCFA, et Safca CI s’est appréciée de 5,57 % à 3 695 FCFA.

Les mouvements haussiers ne signifient toutefois pas une uniformité de performance. Une partie du marché a connu des prises de bénéfices sélectives : Tractafric Motors a reculé de 2,63 % à 3 700 FCFA, Onatel Burkina Faso a cédé 1,15 % à 2 585 FCFA et Bank of Africa Niger a enregistré un retrait de 1,14 % à 2 600 FCFA. Ces ajustements reflètent la nature cyclique et parfois hétérogène de l’investissement en actions, où certains segments sont plus sensibles aux arbitrages des investisseurs.

L’activité transactionnelle sur la séance a été significative, avec un volume global de 888,99 millions FCFA échangé, légèrement inférieur à la veille mais restant un indicateur de liquidité soutenue du marché. Au sein de ce total, ETIT a concentré près de 170,36 millions FCFA d’échanges, soit près de 19,2 % du volume total de la séance, illustrant l’attrait des investisseurs pour certaines valeurs financières de référence.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de montée en puissance de la BRVM. Le marché a connu une augmentation de sa capitalisation boursière à des niveaux records, avec des indicateurs montrant une croissance significative de la valeur des actions cotées, renforçant la position de la BRVM comme une place financière incontournable en Afrique de l’Ouest.

Dans l’ensemble, la séance du jour s’inscrit dans une trajectoire de maturité croissante, où la hausse des indices est accompagnée par une amélioration de la liquidité, une diversification accrue des titres attractifs et une volatilité mesurée, ce qui traduit une certaine confiance des investisseurs malgré les défis macroéconomiques mondiaux. Le secteur financier demeure un pilier essentiel de cette performance, en particulier dans les pays africains où les banques et les institutions financières jouent un rôle central dans le financement de l’économie.

Pourquoi est-ce important ?

Pour l’économie ouest-africaine, l’évolution de la BRVM ne se limite pas à des chiffres de séance : elle constitue un indicateur avancé de la confiance des investisseurs dans les économies de l’UEMOA. Une bourse régionale dynamique est un vecteur de financement privé, permettant aux entreprises locales de lever des capitaux, de favoriser la croissance, et de réduire la dépendance aux financements extérieurs. Cette capacité à mobiliser l’épargne locale vers des projets productifs est essentielle dans une région où les besoins en investissements restent élevés pour soutenir des secteurs clés comme l’agro-industrie, les services financiers, les télécommunications et les infrastructures.

La performance récente de la BRVM reflète aussi une maturation des marchés financiers ouest-africains, renforcée par des réformes structurelles, une meilleure intégration régionale et une attractivité croissante auprès des investisseurs internationaux. Ces facteurs contribuent à renforcer la résilience économique face aux aléas externes et à promouvoir des modèles de croissance plus durables.

Du point de vue des différents pays de l’UEMOA, une bourse robuste facilite l’intégration financière régionale, en encourageant les investisseurs à considérer l’ensemble de la zone comme un marché financier cohérent plutôt que comme une série de marchés nationaux fragmentés. Cela peut attirer des flux de capitaux plus importants, y compris des fonds d’investissement et des investisseurs institutionnels, qui cherchent à diversifier leur portefeuille dans des économies émergentes.

Enfin, la performance de la BRVM a des répercussions sur des objectifs de développement plus larges, tels que la création d’emplois, le financement des PME et l’accès au crédit. En renforçant les marchés de capitaux locaux, les pays de l’UEMOA peuvent stimuler l’investissement productif, favoriser l’innovation des entreprises et améliorer l’inclusion financière, des éléments clés pour accélérer la croissance économique dans une région jeune et en pleine transition.

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