La BRVM connait un pic historique de 356,33 points


Les points clés :

  • La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a atteint 356,33 points, valorisant le marché à 13 738,75 milliards FCFA, marquant un pic historique de confiance des investisseurs.

  • Les bons résultats ont été portés par les secteurs automobiles et financiers, notamment CFAO Motors CI et ETIT, avec des gains de capitalisation significatifs.

  • L’activité transactionnelle a été soutenue avec un volume global de 1,17 milliard FCFA, et SGCI s’est imposée comme la valeur la plus active de la séance.


La séance de ce jeudi à la BRVM, la bourse régionale qui regroupe les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), s’est inscrite dans une dynamique positivement marquée, traduisant un regain d’appétit des investisseurs pour les actions régionales. Cette tendance haussière du marché se constate à travers la progression de l’indice BRVM Composite, qui a gagné 0,50 % pour s’établir à 356,33 points, avec une valorisation globale atteignant 13 738,75 milliards FCFA. Cette performance intervient alors que la BRVM poursuit une phase de croissance durable observée depuis plusieurs années, portée par une série de séances positives et par une attractivité croissante des titres cotés. Sur cinq ans, l’indice Composite a progressé de plus de 168 %, soulignant une forte dynamique structurelle du marché financier régional.

À la base de cette progression, plusieurs valeurs ont joué un rôle moteur, contribuant à la valeur globale du marché. CFAO Motors CI s’est imposée comme l’un des principaux piliers de l’orientation haussière en enregistrant une progression remarquable de 7,19 % à 1 490 FCFA, ce qui a généré un gain de capitalisation de 18,14 milliards FCFA sur la seule séance. De même, la valeur ETIT a poursuivi sa tendance positive avec une hausse de 4,35 % à 24 FCFA, ajoutant 18,08 milliards FCFA à la capitalisation boursière globale et confirmant l’intérêt des investisseurs pour les titres liés au secteur financier.

Outre ces valeurs influentes, d’autres titres ont également enregistré des performances notables. Tractafric Motors CI a signé le meilleur rebond de la séance avec une hausse de 7,43 % à 3 975 FCFA, reflétant une reprise d’intérêt pour les titres cycliques liés au secteur automobile. L’action Uniwax CI a progressé de 7,26 % à 1 625 FCFA, tandis que Sucrivoire CI a gagné 7,20 % à 1 265 FCFA, prolongeant la dynamique positive initiée lors de la séance précédente. Ces évolutions individuelles montrent que les investisseurs ne se limitent pas aux grandes capitalisations traditionnelles, mais explorent également des titres à potentiel de croissance intéressant.

Cette séance dynamique ne signifie pas cependant que tous les titres ont été à la fête. Certaines valeurs ont fait l’objet de prises de bénéfices sélectives, signe que la prudence persiste dans certaines segments du marché. Bernabé a, par exemple, reculé de 5,60 % à 1 685 FCFA après une série de performances soutenues, tandis que la valeur Sicor a cédé 5,26 % à 3 600 FCFA et Filtisac CI a enregistré un repli plus contenu de 2,86 % à 2 040 FCFA. Cette volatilité modérée garde un certain équilibre au sein du marché, permettant de mesurer les attentes et les arbitrages des investisseurs sur des segments spécifiques.

L’une des caractéristiques les plus encourageantes de cette séance réside dans l’intensification des échanges, avec un volume global de 1,17 milliard FCFA transigé, ce qui indique une augmentation de la liquidité et de l’activité des investisseurs, deux indicateurs clés de santé d’un marché financier. Dans ce contexte, SGCI (Société Générale Côte d’Ivoire) s’est affirmée comme la valeur la plus active de la séance, ayant totalisé 353,62 millions FCFA de transactions, soit plus de 30 % du volume total, ce qui témoigne de l’intérêt significatif porté par les investisseurs vers les valeurs bancaires et financières de référence.

La performance de la BRVM s’inscrit dans une trajectoire de long terme en croissance, confirmée par les derniers rapports sur les indicateurs du marché. En juin 2025, par exemple, la capitalisation boursière avait atteint un record historique de plus de 12 070 milliards FCFA, avec une progression de près de 19,8 % sur six mois, et une croissance cumulée de plus de 176 % sur cinq ans. Cela montre que la dynamique positive observée s’inscrit dans un mouvement durable, portée par une combinaison d’intérêts locaux et internationaux et une diversification progressive des titres attractifs.

La BRVM, qui est une place boursière intégrée couvrant huit États membres de l’UEMOA et comptant plus de 47 entreprises cotées ainsi que de nombreuses lignes obligataires, demeure un instrument clé pour la mobilisation de l’épargne à long terme, la valorisation des entreprises régionales et le financement de l’économie ouest-africaine.

Dans ce contexte, l’évolution observée lors de cette séance, à la fois dans les indices et dans les volumes échangés, suggère une confiance croissante des investisseurs dans la capacité de la BRVM à offrir un terrain d’investissement stable et potentiellement lucratif, même si des défis de liquidité et de diversification subsistent à l’horizon 2026.

Pourquoi est-ce important ?

La croissance soutenue du marché boursier régional, illustrée par les performances récentes de la BRVM Composite et du BRVM-30, ne se limite pas à des statistiques de séance : elle est un indicateur essentiel de la maturité financière de l’UEMOA et de la capacité des économies ouest-africaines à attirer et à retenir des capitaux. Une bourse active et en croissance permet aux entreprises locales d’accéder à des financements à long terme, de réduire leur dépendance aux prêts bancaires traditionnels et de financer des projets d’expansion, d’innovation et de transformation structurelle.

Pour les pays de l’UEMOA, cette dynamique boursière joue un rôle majeur dans l’intégration régionale. En favorisant des échanges transfrontaliers de titres et en permettant une meilleure allocation du capital à travers les frontières, la BRVM contribue à renforcer l’interconnexion économique entre le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Guinée-Bissau et le Togo, un facteur clé pour stimuler la croissance et la résilience face aux chocs externes.

L’intérêt des investisseurs pour des valeurs structurantes comme CFAO Motors, ETIT et SGCI souligne également l’importance du secteur financier et industriel comme levier de croissance, dépassant les seules spéculations de court terme. Dans une région caractérisée par une classe moyenne émergente, une urbanisation croissante et des besoins d’investissement massifs dans les infrastructures, une BRVM dynamique favorise le développement durable du secteur privé, l’accès au crédit pour les PME et la création d’emplois.

Enfin, du point de vue macroéconomique, un marché régional solide renforce la stabilité financière, attire des flux de capitaux internationaux, améliore la visibilité des économies membres et sert de baromètre pour mesurer la confiance des investisseurs dans l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest. Dans une conjoncture mondiale marquée par des défis économiques et des incertitudes, la progression régulière de la BRVM reste un signe encourageant que les marchés africains peuvent jouer un rôle croissant et autonome dans l’architecture financière globale.

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