Au Togo, l’ARCOP scrute les marchés publics de 2025 : bilan, transparence et enjeux pour l’économie nationale
Les points clés :
L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) du Togo a lancé la revue annuelle des marchés publics conclus en 2025 pour évaluer leur exécution et leur impact.
L’exercice met l’accent sur la transparence, l’accès des jeunes, des femmes et des opérateurs nationaux, ainsi que sur l’amélioration des pratiques de passation.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte de réformes du cadre réglementaire, incluant l’introduction de nouveaux types de dossiers tels que le dialogue compétitif et les appels à propositions.
À Lomé, du 9 au 12 février 2026, l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a ouvert sa revue annuelle des marchés publics de l’année 2025, un exercice devenu un rendez-vous institutionnel clé pour mesurer la performance du système de passation et d’exécution des marchés publics. Cet événement, essentiel à l’évaluation des mécanismes nationaux de passation, sert à jauger la qualité des processus, à comprendre leur impact socio-économique et à promouvoir les bonnes pratiques au service de l’économie togolaise.
L’ARCOP s’est donné pour mission de garantir que les marchés publics, moteurs significatifs de la commande et de l’investissement publics, répondent aux principes de transparence, de concurrence loyale et d’efficacité. L’exercice de revue annuelle vise d’abord à analyser le niveau d’exécution des Plans prévisionnels de passation des marchés (PPM), c’est-à-dire la mesure dans laquelle les marchés planifiés ont été effectivement lancés, attribués et achevés durant l’année 2025.
Au-delà des simples statistiques, cette revue évalue également l’impact économique et social des marchés publics conclus, en particulièrement leur contribution à l’intégration des jeunes entrepreneurs, des femmes et des entreprises nationales dans les grands projets d’État. Dans un pays où la jeunesse constitue une proportion importante de la population active mais souffre encore d’un accès limité aux grands segments de l’économie formelle, ces indicateurs sont précieux pour orienter des politiques publiques inclusives et créatrices d’emplois.
L’importance de cette analyse se double d’une volonté de partage des bonnes pratiques entre acteurs publics et privés, ainsi que de formulation de recommandations concrètes pour améliorer la performance, la transparence et la redevabilité du dispositif. Cette dynamique s’inscrit dans une logique d’amélioration continue du système de la commande publique, afin que chaque franc investi par l’État ou les partenaires internationaux produise un impact optimal.
Cette revue 2025 intervient dans un contexte d’évolution réglementaire significative de la commande publique au Togo. Depuis l’an dernier, de nouveaux dossiers-types de passation ont été introduits, notamment pour structurer des mécanismes plus sophistiqués comme le dialogue compétitif et les appels à propositions, outils essentiels pour attirer des offres plus innovantes et adaptées aux besoins des projets complexes.
Dans le même ordre d’idées, le Togo s’engage depuis 2025 dans un processus de modernisation et de digitalisation de la commande publique, avec des initiatives visant à adopter des plateformes électroniques pour la gestion des marchés. En 2025, le gouvernement a notamment lancé un appel à manifestation d’intérêt pour recruter un chef de projet chargé de la mise en œuvre d’un système de passation électronique des marchés publics (e-GP). Ce projet, intégré au Programme de modernisation de l’administration publique pour la prestation de services (PMADS), financé par l’Association internationale de développement de la Banque mondiale, vise à améliorer la transparence et l’efficacité des processus de passation.
Parallèlement, l’ARCOP a déployé une plateforme numérique intitulée PASSE, permettant aux opérateurs économiques de demander et générer en ligne des attestations liées aux marchés publics, réduisant ainsi les délais administratifs et améliorant l’accès à l’information des acteurs concernés.
Plus largement, des initiatives régionales et sous-régionales soutiennent ces efforts. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD), par exemple, organise régulièrement à Lomé des sessions de formation pour les acteurs de la commande publique afin d’aligner les pratiques nationales sur les directives régionales et d’accélérer les décaissements pour les projets financés, contribuant ainsi à la qualité d’exécution des marchés.
Pourquoi est-ce important ?
La revue annuelle des marchés publics menée par l’ARCOP ne se limite pas à un exercice de conformité administrative. Elle représente un pilier fondamental de la gouvernance économique et de la transparence dans la gestion des fonds publics, deux facteurs essentiels pour renforcer la confiance des investisseurs, optimiser l’usage des ressources et stimuler l’investissement privé. Dans un contexte où le Togo ambitionne de devenir un hub économique régional attrayant, garantir la fiabilité des marchés publics est une condition stratégique de sa compétitivité.
Cette démarche a un impact direct sur le renforcement de l’inclusion socio-économique, en ouvrant davantage l’accès des jeunes entrepreneurs, des femmes et des entreprises locales aux opportunités d’affaires générées par les dépenses publiques. Une commande publique plus transparente et performante favorise aussi une meilleure circulation des investissements, réduit les risques de corruption et contribue à l’amélioration des services et des infrastructures essentielles pour le développement.
Enfin, ces efforts s’insèrent dans un mouvement plus large de modernisation de l’État et de structuration des cadres réglementaires au Togo. En combinant revue annuelle, digitalisation des processus et formation des acteurs, le pays positionne sa commande publique comme un levier clé de croissance durable et de bonne gouvernance, ce qui soutient l’attractivité du climat des affaires et renforce sa capacité à mobiliser des financements externes et des partenariats internationaux.
Veux-tu que je détaille les principaux défis rencontrés par les acteurs nationaux dans l’accès aux marchés publics (par ex. PME vs grandes entreprises) basés sur des données disponibles ?